Que faire des facteurs " psy " tels que posés dans le schéma de la communication par de nombreux spécialistes des interactions verbales, comme Kerbrat-Orecchioni ou
Hymes, si l'on considère, que dans la communication humaine, c'est tout l'être psychologique et social qui s'engage ? Est-il pertinent d'un point de vue théorique,
méthodologique et pratique de répondre à cette question en développant une approche psychosociolinguistique comme cela est amorcé par Van Hooland ?
Cette journée propose de débattre sur la prise en compte parmi les différentes composantes de la communication interpersonnelle des facteurs " psy ", de leur
définition dès lors que leur existence permettrait de mieux comprendre et décrire des situations de communication, d'usage du langage et de la langue. En effet,
ne peut-on envisager, par exemple, dans l'analyse de l'insécurité linguistique l'aspect des mécanismes de défenses émotionnelles, communicationnelles ? Si l'on
parle de langage adaptation (Bernicot), d'adaptation à l'interlocuteur, peut-on compléter cette notion d'adaptation pour la compréhension d'interactions, d'apprentissage dans
l'interaction par celle des stratégies d'adaptation telles que définies par la théorie du coping ? Si lorsque l'on communique, c'est changer en échangeant (Kerbrat-Orecchioni),
comment expliquer ce changement lors de la communication : pouvons-nous rester sur les notions de situations co-construites ou étendre cette notion à celle, psychodynamique, de moments présents ?
Différentes situations de communications, d'usages du langage interrogent la complémentarité dialectique du social et du psychique.
Ces questionnements théoriques et méthodologiques sont d'autant plus pressants lorsqu'ils émergent de situations difficiles pour lesquelles il y a urgence. A titre d'illustration,
la situation de maltraitance familiale met depuis longtemps en avant une analyse en terme de causes et de conséquences et, en ce qui concerne le langage, conséquences communicationnelles, de
troubles du langage ; or, des chercheurs (Durning) et professionnels demandent explicitement de changer de regard et de considérer cette situation du point de vue de la communication.
Comment pouvons-nous développer une théorie de la communication lorsque les facteurs " psy " ne sont pas ou pas suffisamment envisagées dans le schéma communicationnel ? En effet, comment expliquer, en
prenant appui sur ce que les théoriciens du champ de la maltraitance et de la résilience mettent en avant à savoir le développement des compétences dans la situation de maltraitance, que l'enfant peut
développer une compétence de communication face à l'adulte maltraitant et après la situation de maltraitance, développer une stratégie discursive d'adaptation (Van Hooland) sans prendre en compte parmi
les autres composantes du schéma de la communication ces facteurs " psy " ?
Cette journée souhaite questionner la diversité disciplinaire et sociale des terrains de recherche tels qu'ils se trouvent confrontés à la question des facteurs " psy " dans les pratiques langagières,
tels qu'ils imposent ou induisent des théorisations, des méthodes d'analyse, de recueil de données. Elle est ouverte en direction des chercheurs mais aussi des intervenants du social, de la santé, de l'éducation.